Emotif

Je suis, je le sais, un émotif (au sens Herrmann). Un communiquant, si vous voulez.

Je connais aux moins deux autres personnes qui le sont aussi.

Et c’est assez extraordinaire la communication que je peux avoir avec ces personnes, surtout avec l’une d’elle, en fait. C’est quasiment fusionnel: je sais ce qu’il se cache derrière chaque mot, chaque expression. Je connais chaque pensée, et je sais comment elles s’articulent dans leurs têtes, d’où elle vient et où elle va. Facile: je suis comme ça.

Et en fait c’est assez flippant. Un peu comme marcher au bord d’un tourbillon: on se retient de se laisser entraîner à trop en dire, à se sentir trop proche de la personne.

Flippant et épuisant. La lecture de Video Girl Aï, ou mater un épisode de Grey’s l’est tout autant et pour les mêmes raisons: c’est mon domaine, ma manière de penser. Je bois du petit lait mais c’est comme mettre du nitrométhane dans un moteur: ça le fait monter dans les tours, et ça l’épuise.

Je suis…

J’ai lu dans ‘Conversations avec Dieu’ que quand on dit ‘je suis’, on commence déjà à créer quelque chose dans l’univers.

Bref…

Étrangement je ne pense pas me définir par ce que j’aime et ce que je suis. Je veux dire par là que dire « j’aime ci ou ça, je suis comme si ou comme ça » ne me résume pas. Enfin… je ne crois pas que ces phrases me définissent bien.

Je crois que je me définis par ce que je pense et ce que je vis. Savoir comment je me vois et quels sont mes goûts n’est pas me connaître.

Je crois que je suis quelqu’un qui se vit…

Légendes

Et si vous faisiez de chaque rencontre une légende?

Une légende que vous raconteriez à l’envi. Une légende qui serait une très belle histoire dont vous exploreriez chaque détails, dont vous combleriez les trous au fur et à mesure que le temps passe, dont vous exploreriez les facettes et trouveriez des interprétations différentes à chaque fois que vous (vous) la raconteriez.

Une légende qui servirait à forger l’identité de cette minicivilisation que vous formez avec la personne que vous avez rencontré.

Mais il ne fait pas le café

Le cheich (ou keffieh, ou choix) est sans doutes l’objet le plus utile du monde.

Côme me l’avait dit, lui qui en a tout le temps un en voyage: ce morceau de tissu qui n’a l’air de rien est le meilleur ami du voyageur.

Il peut faire: couverture, baluchon, écharpe, casquette, climatiseur de crâne, nappe, serviette de bain et de table, torchon, drap, oreiller, cagoule, pansement/bandage, mini-coussin, paréo, et ce matin: masque à gaz.

Normalement, un cheich ne se lave pas (tout comme un duvet de trekkeur), il n’est beau que gris sale.

Coloriés

Après une journée comme celle-ci, j’ai envie de tuer. Ou de parler.

Le sommeil ne fera que refouler les souvenirs, sans les exprimer, sans les étaler, sans les écrire. Ce n’est pas lui qui me calmera.

Je voudrais ne pas dormir afin de continuer à ressentir. Mais je sais que Morphée va finir par me cueillir, alors je me dépêche…

« Les coloriés » … On dit que quand l’élève est prêt, le maître apparaît. So what? Pourquoi ce livre m’attérit-il dans les mains maintenant? Ce n’est pas faute d’en avoir lu, des Alexandre Jardin. Mais celui-là… A croire que toute ma vie j’ai fait mon chemin juste pour lire ce livre à ce moment. Ces livres à ce moment, même…

Pourquoi le monde n’est-il pas ne serait-ce qu’à 5% comme dans les livres d’Alexandre Jardin?

Bordel de merde, pourquoi tout le monde dit et souhaite la même chose et personne ne semble ne serait-ce que dans les starting-block de le faire? Je suis sûr que tout le monde le ressent. Mais personne ne le montre, et personne ne se bouge. Personne ne met des claques, personne ne s’insurge, ne s’énerve ou ne secoue son prochain pour le réveiller.

Et moi je vais continuer à rêver les yeux grands ouverts, en étant patient.

Mais je ne sais pas jusqu’à quand.

Moi non plus je t'aime

Quatre jours que j’ai repris le boulot, et je dois tout réapprendre: utiliser un Mac (p***** de clavier), les us et coutumes de la boîte, l’environnement professionnel dans lequel j’évolue et … à tout simplement travailler.

Essayer de ne pas avoir la tête satellisée.

Malheureusement je m’y fais, j’attéri, et je perds petit à petit cette joie de vivre. Dire que la semaine dernière j’étais dans je ne sais quel parc national de l’autre côté de l’atlantique à sans doutes me demander où j’allais dormir ce soir…

Beaucoup de changements en peu de temps… Je me sens hors de moi. En plus un de mes ordis s’est amusé à violemment planté, hier soir…

Envie de calme et de me poser… Symptôme: j’étouffe physiquement.

J’ai l’impression qu’on m’a fourré du coton dans le ciboulot…

Ce que j’aime, dans cette boîte, c’est l’ambiance et la liberté qu’on y a. Ce qui me sauvera peut-être est le fait qu’il y ait des terrasses où on peut respirer de l’air et sentir le vent, même si c’est l’air de Paris.

Mais je sens une immense pression invisible (que je me met moi-même?)