La demeure dans le ciel

Dimanche… direction Fontainebleau en trottinette à moteur pour faire de la grimpette (par 30°C à l’ombre, oui)

Le long de l’A6, le bitume change, le paysage change, l’odeur change, la texture de l’air change.

Arrivé près de Fontainebleau, sourire : du vert partout, de la fraîcheur, à juste une heure de Paris, et je vais voir une personne que j’apprécie beaucoup.

Un air me vient en tête :

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Synesthésie

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

« Correspondances », Charles Baudelaire

Riche

Entre les sessions de l’USI (et du coup les keynote de Joël de Rosnay et surtout de Daniel Cohen), et les expos de Kandinsky et Calder, j’ai le cerveau en chou-fleur qui pétille.

Impossible de tout résumer ici et maintenant, mais ça a des échos, soyez-en sûr !

Heures

« En décidant du moment auquel il faut manger, travailler, dormir et se lever, nous avons arrêté d’écouter nos sens et commencé à nous soumettre aux ordres de l’horloge. »

Nicolas Carr.

Cf par ici : http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/

A rapprocher de « Il y a ceux qui ont l’heure et ceux qui ont le temps », et bien sûr de « Les coloriés », d’Alexandre Jardin.

Par ailleurs, je me suis laissé dire que si on laissait le corps faire (sous-entendu : on se fait enfermer dans le noir complet pendant des semaines) le cerveau adopte un rythme de 48h.

Révélation de la nuit

Et voici les secrets de ma vie: la nuit n’est pas noire, elle est bleue, et c’est un bleu qu’on respire et qui fait vivre et qui gonfle les poumons et le cœur. Et mon four n’est pas noir, il est doré et c’est un or qui sent bon et qui se mange dans le pain et les brioches.

Michel Tournier, « Pierrot ou les secrets de la nuit ».

Elle est bleue, et d’un bleu charmant,
D’un bleu violet, la fumée
Que laisse échapper lentement
Ma cigarette parfumée ;
Et j’aime à voir, d’un faible essor,
Monter sa spirale indécise.
– Au contraire, celle qui sort
De mes lèvres est toujours grise.
Pourquoi pas bleue aussi ? Pourquoi ?
Qu’est devenu le bleu, poète ?
– Je sens que ce bleu reste en moi
Et ma rêverie en est faite.

Jules Lemaitre, « La Revue des Tabacs »

Et ouaip, y a des mots qui vous restent en tête pendant des années.

Anyway…

En rentrant chez moi, ce soir, une fois de plus seul, j’ai cogité. Ok ok, je rentre, je suis seul comme un peu trop souvent en ce moment.

D’un côté ça me gave, mais d’un autre quelque chose de cool me démange le cerveau; deux rencontres aidant j’ai acquis cette liberté et ce détachement, que je garde précieusement, et je sens que ça en découle.

So what? comme dirait le Jedi.

So je me suis dit que j’avais plein de trucs à faire, en rentrant chez moi. Mieux: je n’avais aucune obligation. Mieux: aucune obligation envers qui que ce soit.

Et d’un coup un nouveau chemin s’est ouvert à moi, comme quand on découvre une route au bout d’une impasse.

Alors, quel est donc cet étrange et agréable sentiment qui se terre derrière la solitude?

La solitude n’est pas noire ou grise, elle est bleue pour peu qu’on la regarde sous un autre angle, et sous cet angle elle s’appelle indépendance.