L’oeil du cylcone

Après un dimanche chez Marie puis chez Mouna, à raconter mon voyage, première journée dans ma nouvelle boîte.

Je ne sais pas trop si je suis psychologiquement présent sur Terre, mais disons que oui; j’y vais zen, presque plein d’espoirs.

Mon arrivée se passe plutôt bien, et on me donne presqu’immédiatement mon MacBook Pro (Yeah!)

Je passe ma journée à jouer/me battre avec, et malgré l’excellente ambiance qui règne dans cette boîte, une triste évidence me traverse l’esprit un peu trop souvent: je n’ai rien, mais alors rien à foutre ici.

Ambiance: boulevard des champs Elysée, boîte d’informatique, j’ai un Mac dans les mains, on m’apprend l’infrastructure réseau de la boîte, les choses à savoir, les logins/password des applis que je vais utiliser. Et mon ‘parrain’ est plutôt calé en gestion d’identité, celui en face de moi en .net. Ils sont tous les deux sous Windows. Tout ceux autour de moi parlent interfaces, applications, LOB, argent, planning, partenaires et client, et moi, moi, je me dis que j’ai rien, mais alors VRAIMENT RIEN à foutre ici. Non décidément l’évidence est là: je ne suis pas à ça, je ne suis pas là. Mon bonheur n’est pas là. Rends-toi à l’évidence, mon garçon, ce n’est pas ce que tu aime.

Non, non, non… Il y a une semaine tu te sentais entier, là tu te sens désincarné. Nan, sérieux, y a pas à chier, c’est pas ça. Pas ça du tout du tout. Non non non, MacBook ou pas, te battre avec des problèmes de connections de Thunderbird en IMAP sur Gmail n’est vraiment pas ton but dans l’existence.

Wopa, je me remémore une des dernières scène de « L’auberge espagnol », celle où Romain Duris, revenant d’Espagne, se retrouve au ministère des finances. Nan mais honnêtement, hein, sans trop forcer je peux dire que ce n’est pas ça qui me rend heureux.

La journée se passe, verre avec Hichem et Marie (ma chère Marie…) le soir. Je suis à moitié absent. Je pense PVT, grand espaces, grands voyages, autre vie. Je pense à qui je pense, qui m’a vraiment manqué, à qui est et a été là à mon retour et tout ce temps.

Je suis dans un état d’esprit où peu de choses me touchent, où les choses qui ordinairement m’auraient sacrément blessées ne me font pas plus de mal que ça. Je regarde les choses froidement et fait tout aussi froidement les comptes. Le résultat est amère mais sans appels, et j’admets calmement cette douloureuse conclusion…

On ramène Marie chez elle (Marie Marie Marie…), Hichem me ramène chez lui pour que je reprenne Rebecca. Une fois chez Hichem, échange de SMS avec Régis. Ça enfonce le clou, renforce mes certitudes, me conforte dans mes conclusions d’autant plus facilement admises que je suis distant.

Un autre SMS, pas de Régis, vient comme une cerise sur le gâteau: oui, hein, y a du tri à faire…

Je ramène Rebecca à la maison. Après 3 semaines d’un 4 cylindres automatique avec 2 roues de trop, je redécouvre les joies de la bécane 🙂

Et ce soir, tapage de billet avec mon Mac (indéniablement plus confortable qu’un Nux ou un Doz)

Je me sens comme un papillon qui volait tranquillou dans un champs sans vent et qui se retrouve petit à petit en pleine mer en pleine tempête.

Ou imaginez que vous êtes tranquille le chat en train de vous balader dans une prairie, il fait beau et le soleil brille, vous regardez les pâquerettes pousser et l’herbe chlorophyler, puis vous vous approchez de la falaise où en bas se trouve des ronces. Du vent monte du bas vers le haut de la falaise. Dimanche j’étais dans la prairie. Ce matin je courais vers la falaise pour m’y élancer, je passais du calme plat plein de sérénité à une prévisible bataille avec le vent et tout un tas de conneries qui pourrait m’arriver. En sautant, le vent siffle à mes oreilles, tout ce que j’avais laissé revient m’emmerder, tout ce qui est chiant reprend sa place dans ma vie, petit à petit sans que je demande rien. Je passe de l’œil du cyclone à des vents de 400km/h, du calme plat à un déferlement de malheurs et de destructions qu’il va falloir que je gère. Je passe de la terre ferme à des marais puants.

Et pourtant je sais où est la sortie. Et pourtant je sais comment faire.

Et je suis dans un état parfaitement indescriptible.

Captain speaking

Bonjour, ici votre capitaine.

Nous avons commencé notre semaine, la température extérieur est de 25°C avec un Soleil resplendissant. C’est un temps idéal pour faire de la moto ou au moins mettre le nez dehors.

Ah, vous travaillez? C’est dommage. Avec des barreaux aux fenêtres?

C’est dommage.

Au commencement était le son

Ouais, parce qu’au départ je suis sûr qu’il y avait du son…

Juju m’a prêté (dans le but de me vendre, faut bien le dire) des enceintes de monitoring (qui ont une réponse plate dans toutes les fréquences). C’est des Rokit 6, le truc à 200€ l’une.

Et ce week-end Katia m’a enseigné le solfège… Ou plutôt: j’ai chopé un bouquin sur la musique contemporaine, et comme je ne comprenais rien je lui ai posé des milliers des questions, auxquelles elle a patiemment répondue (plein de bisous à elle)

Du coup j’ai la tête pleine de concepts (et de 3ème renversement de 7ème de dominante 😉 ), mais je ne connais toujours pas les gammes (qui parait-il, ne servent que dans le cadre d’impros), ni ne sais lire une partition.

Il faut que je (re)commence par là. Et ça passe par l’achat d’un clavier-maître.

Et comme de par hasard, un article dans ‘Ca m’intéresse’ m’apprend que j’ai une mémoire … auditive!

Je sens que c’est mon dada, ça, le son. Je le sais depuis super longtemps, mais là je le sais encore plus. Je sens que ça rentre bien dans mes cases (vides). C’est réellement épuisant, de tant apprendre aussi vite, mais ça rentre bien (spéciale dédicace à Mouna, pour la réplique non dite 😉 )

Yeah!

Week-end réel

Passé le w-e dans la Meuse (3j), puis à Clermont avec Katia (3j).

Pas eu internet dans la Meuse, peu eu internet à Clermont. J’ai coupé mon téléphone une bonne partie du temps. D’une part parce que même en cas d’urgence je ne pouvais matériellement pas être présent sur place, d’autre part parce que ma foi j’étais bien là où j’étais et je n’avais pas envie de me faire déranger. Envie d’être complètement présent à ce que je faisais, aux gens avec qui j’étais.

Peu eu de nouvelles de mon monde, peu donné de nouvelles, peu suivi l’actualité. Bref, mon cyber moi a été mis en veilleuse.

Et c’était bien ainsi.

De retour, j’ai tout retrouvé, et en fait … c’était pas mal, avant. Moins prise de tête, plus calme, moins de choses à gérer.

Peut-être que je vais enfin réussir à me consacrer à … une seule chose…

Mon père m'a dit,

quand j’ai demandé ce qu’étaient la gauche et la droite, un truc substantiellement différent de ça, à savoir: la gauche c’est l’initiative collective, la droite c’est l’initiative individuelle.

Ce qui ne doit pas vous empêcher d’aller lire le billet, fort instructif 🙂