Toujours pas

J’ai toujours pas envie de parler. Pas envie de partager, pas envie de tenir au courant, de me bouger pour les autres.

Cas d’école à table. D’habitude je raconte éventuellement les films que j’ai vu, ce genre de chose. Je ne le fais plus. Et d’ailleurs je n’ai même plus envie de manger avec du monde. Je n’ai par ailleurs pas le cœur  à manger seul…

Bref, je me colle à un bout du groupe, prêt du mur, histoire que personne d’autre que celui que je préfère ne vienne se mettre à côté de moi. Je me fais superbement ignorer pendant un bout de temps, on ne parle pas de moi et je ne me mêle pas à la conversation.

Sauf qu’à un moment ils remarquent que je ne dis rien. S’en suivent les vannes habituelles, ils attendent ma réaction, qui ne vient pas. Je les laisse faire, me sers de l’eau. Je sens leurs regards sur moi. Qu’ils me regardent, qu’ils essaient de savoir ce que je pense, qu’ils attendent que je me batte…

Et ça repart, et je sens toujours leurs regards, et je ne réponds toujours rien. Ca ne me fait pas du tout rire, pas plus que ça ne me blesse. Je ne le méprise pas, c’est juste qu’ils ne savent pas qu’il ne faut pas me faire chier, et comme je n’ai pas envie de le dire parce que je n’ai pas envie de passer du temps à expliquer parce que je n’ai pas envie de parler, je les laisse faire.

Après tout, peut-être qu’ils sont l’habitude que je sois comme ça, parfois, qu’ils ont appris à faire avec, qu’ils se disent que c’est dans ma nature. Alors que ça ne l’est pas du tout, pas du tout du tout… Pas plus cette fois-ci que les autres fois.

Mais je crois que de toute façon ils s’en foutent, d’une certaine manière.

Choose your future

Redécouvert ça, ce matin:

Choose life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, Choose washing machines, cars, compact disc players, and electrical tin openers. Choose good health, low cholesterol and dental insurance. Choose fixed- interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisure wear and matching luggage. Choose a three piece suite on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who you are on a Sunday morning. Choose sitting on that couch watching mind-numbing sprit- crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pishing you last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked-up brats you have spawned to replace yourself. Choose your future. Choose life… But why would I want to do a thing like that?

I chose not to choose life: I chose something else. And the reasons? There are no reasons.

Tiré de Trainspotting, de Dany Boyle

10h par jour

« Heureux qui comme… » allez savoir pourquoi j’ai ça en tête.

Bref.

Qui est capable de dire « je bosse 10h par jour la tête dans le guidon? »

Moi pas. Moi je farfouine, je lis des blogs, des news (IT ou pas). Je ne peux pas (ou en de rares circonstances) me consacrer uniquement à mon boulot. Faut que je décompresse, me change les idées, me relie au monde (même si…) plus ou moins fréquemment.

C’est peut-être ce qui me perdra mais j’ai une concentration de poisson rouge, parfois 🙂

L’autre côté de la médaille est que du coup je me cultive, je ne reste pas 10h par jour à faire une tâche payée pour un autre qui ne me (re)connaît pas. Je découvre le monde, je me tiens au jus, je sors mes antennes, tends mes oreilles.

Mais je ne peux pas, non, être complètement concentré sur une activité qui, au fond, ne m’apporte que peu de choses…

Bouche close

Minuit 38. Je reviens du ciné, je suis allé voir ‘American Gangsters’ avec une amie. Excellent film; long mais bon et passionnant.

J’avais éteint mon téléphone (ne sachant pas le mettre en vibreur). D’habitude je le regarde dès la sortie de la salle, donc mon ‘réflexe’ (de consommateur moyen accro aux nouvelles technologies) a été de le rallumer. Mon humeur du (très grand) moment étant ce qu’elle est, je l’ai maintenu dans son état léthargique. Je me suis dit que j’allais le laisser comme ça jusqu’à demain matin (après-midi? soir?) mais … non, je craque dans l’ascenseur.

Là, je rallume le-dit mobile. Il met quelques secondes mais fini par m’annoncer que j’ai un (mini)message. Pas de panique, je sais qui c’est, même pas besoin de regarder. Je rentre chez moi, jette un œil à mon téléphone fixe: confirmation de qui a essayé de me joindre.

Très bien…

Je rassemble les papiers qu’il faut que je photocopie demain et… il manque quelque chose. Je tends l’oreille; ah oui: de la musique. Mon appart’ n’est abrité que par le bruit des ventilos alors que d’habitude il est couvert par de la musique (la musique est tellement constamment présente chez moi qu’elle (me) manque quand je suis chez les autres).

La musique attendra, je fini mes papiers.

Une fois rassemblé le tas à photocopier, je rentre dans le cyberworld: checkage de mails (« merdicum, pas de réponse de machine »), lançage de Pidgin (« re-merdicum, bidule n’est pas connectée), lecture des éventuelles nouvelles nouvelles sur les blogs déjà consultés dans la journée. Il n’est que presque minuit, j’ai donc théoriquement de bon paquets de dizaines de minutes avant que me coucher ne devienne une nécessité absolue (enfin… pour peu qu’être en forme au boulot soit une nécessité absolue…)

Alors je musarde. Je lis des billets que je n’avais pas lu, je lis les news du monde auquel je n’appartiens plus, je check 15000 fois mes mails, je regarde 15000 fois Pidgin pour voir si quelqu’un s’est connecté depuis la dernière demie seconde, je reviens au billet que j’ai laissé 2 secondes plus tôt, au milieu d’une phrase, happée par une envie d’aller voir sur la page d’à côté.

Je lis. Je vois des mots qui s’alignent, forment des phrases. Je suppose, mais ne suis pas très sûr, que ces phrases résonnent dans ma tête, et ont une voix que mon cerveau leur donne.

Mais personne ne parle, dans mon appart’.

Je fini par aller sur sa page. Ça me fait toujours un effet terrible; ça réchauffe, ça brûle, ça remue, ça me donne envie de m’exprimer, ou au moins tenter de le faire, ça blesse, ça me crispe, ça me fait me sentir vivant, après tout, me sentir moi, de faire des choses dingues (qui, après tout, seraient moi, non?).

Je quitte la page. Des millions de choses tournent dans ma tête mais reste muet, fidèle à mon humeur (et à ma décision?) Je voudrais (lui? lui? lui?) écrire ce qui me tourneboule le ciboulot, heurtent d’autres choses, mais je reste bouche close.

Je sens les idées qui veulent se transformer en mots et sortir. J’ai envie de parler mais je décide (j’ai décidé) que non. Pas parler. Pas communiquer. Fini.

Alors … je perçois le silence verbal autour de moi. Je sens tout ce fouillis qui veut sortir mais non, il restera en moi.

Je me sens comme une tour d’ivoire, avec plein de choses à l’intérieur, plein de choses cachées que je ne veux pas donner au monde. Que je devrais donner, que j’ai donné, mais que je ne veux plus donner. Basta… Ça grandira (pourrira?) mais attendra. Et en attendant je reste bouche close.

Elle est connectée. Soulagement… Je clavarde… Je ne parle toujours pas (pas de sons) mais … j’adoooore quand elle est là. Et elle est toujours là, toujours 🙂 On tapote. Pas de sons que celui du clavier, ça sera celui de sa voix. Ses mots s’alignent, calmement. Je pose des questions, elle y répond, calmement. Elle me respecte. Elle ne me violente pas, ne me fait pas chier. Je ne parle toujours pas, je refuse de parler, d’émettre un son, ne serait-ce qu’une exclamation, mais je tapote. Je me sens calme, avec elle. Je la laisse naviguer en moi où elle veut, elle sait le faire, elle ne casse rien et observe avec attention.

Je ne parle toujours pas, mais je lui parle… ça me repose…

Ecrire ou pas écrire?

Écrire…

Je ne troc pas assez de temps, moi, pour écrire.

Et pourtant… Buddha sait que ça volette, dans ma tête.

Well, j’ai fait la taupe, ce week-end. Départ pour Lyon samedi midi, y rejoindre la taupe-chef: Audrey. Soirée tranquille, couché tôt car … levé 5h car … 3h de route pour se rendre dans le Vercors.

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Et là, 3h à chercher l’entrée de la grotte: la « topo » qu’on avait l’indiquait mal. Anyway, on fini par la trouver, on fini par descendre.

Ça commence par une chatière de 6m, une vire (corniche sans corniche mais avec une main courante) d’un mètre ou deux, puis un puis de 14m puis c’est du loukoum: galerie de métro, concrétions, magnifiques…

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On a bien sûr fini tout crade (« vous pensiez pas ressortir propre? »)

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Mais c’était tout de même bien génial. Je le referais volontiers 🙂

What else?

Tant de choses…

J’ai chaud. Et parfois froid. Je suis parfois perdu, et parfois pas. J’ai souvent des envies de meurtres, parfois des envies de câlins…

J’ai envie de partir… Partir là, partir là-bas, partir comme ça, refaire ma vie dans une autre vie…

Ou arrêter de fuir, arrêter de courir…

Flying

Je ne suis pas là, je suis à 10000m. Parfois je redescend. Parfois je redescend pour écouter ce qu’il se passe mais la plupart du temps je ne suis tout simplement pas là. Je pense aux uns et aux autres; je tisse des fils entre mes histoires afin de déterminer la trame de ma pomme; je savoure l’instant présent ou me remémore les instants passés; je découvre les dessous du monde; je regarde mon univers se dessiner malgré moi; je me regarde évoluer à l’intérieur, dans une bonne ou mauvaise direction; je regarde mes sentiments naître, évoluer, me bouffer, disparaître, foutre le dawa, me remuer, éveiller des souvenirs, me transformer; je contemple des scènes dont je connais la fin, ou dont je ne veux absolument pas être le protagoniste, présent ou futur…

Je ne suis jamais complètement ici. Et là, je ne suis absolument pas ici.

Ecrire pour soi et une activité solitaire (oui, comme se …) et personnellement je fais ça en cachette; je ne peux pas écrire si on me regarde. Ce qui pose certains problèmes la plupart du temps: comme écrire me vient comme une envie de pisser, en plus souvent, je ne peux pas le faire.

Tracklist:

  • « Am I wrong? » Etienne de Crécy
  • « This is not a dream » Apollo 440 & Morphine

Respiration

J’adore être seul, en ce moment.

Casquette, parka, obligé de parler à personne, mon univers qui tourne, tranquillement, sans témoins … je jongle avec mes vies et il n’y a plus de témoins. Je voyage seul, je gère mon temps seul et je ne parle à personne… mon univers me suit… et il n’a plus de piliers.

L’univers retient sa respiration, plus rien ne (me) parle, le silence se fait, plus rien ne tourne, dans l’attente de cet évènement. Mon cœur bat fort et vite… Ma vie peut basculer…

Suis-je quelqu’un qui écoute bien?

Je ne suis pas dépressif

Que ceux qui en doutent se rassurent, je ne suis pas dépressif.

J’ai des coups de blues, comme tout le monde (je suppose), mais il se trouve que j’ai parfois besoin de les écrire. Il se trouve peut-être aussi que je les ressens plus vivement, ou que je sais les décrire, mais c’est un fait: je n’écris que les choses qui me font du mal. Donc, si sur ce site il y a souvent des textes sombres (de ma part) ce n’est pas parce que je suis en phase de profonde dépression c’est parce qu’à un moment quelque chose me touche et j’ai besoin de l’écrire, point.

A part ces moment, sincèrement, ça va: plein de choses me rendent heureux, me font réfléchir, me font rire, me font hurler, toussa. Pas de quoi s’alarmer, globalement ça va, je suis vivant, avec des sentiments et des pensées. Pas de quoi prendre non plus ces textes pour une généralité concernant mon humeur, ils ne sont que le reflet de mon état à un moment donné.

Désolé, donc, s’ils vous paraissent déprimant, si JE vous paraît déprimé, s’ils vous font vous interroger sur ma santé mental, si vous n’y comprenez rien (c’est parfois voulu 😉 ), mais c’est ma manière d’écrire, alors…

Alors, pourquoi sur le web, allez-vous dire? Parce que je crois que j’ai besoin de la pression d’être lu par d’autres pour mettre en forme ce que j’ai en tête. Ecrire pour moi dans un coin invisible, ok, mais ça donne des trucs beaucoup trop cryptique…