Mais où est-ce que j'ai encore foutu les pieds?

Réponse: dans un endroit où il vaut mieux faire attention à sa tête que regarder où poser ses pieds.

Well donc, le sieur Gilles, que je croise sur YM un jour du début de cette semaine, me propose de descendre dans les catacombes Jeudi.

Douce ironie: une fille que j’ai rencontré au Kirghistan voudrait bien y descendre un de ces jours; moi-même je n’y suis jamais descendu…

Jeudi soir, donc, Gilles passe me prendre, il me dit de prendre un truc pour la tête parce qu’on se cogne facilement dans le plafond. Je prends donc mon chapeau d’explorateur et Banzaï pour les catas. Je laisse mon Meizu chez moi (qui vient d’ailleurs de me péter dans les pattes pas plus tard que ce matin, le bâtard) et y vais, fringué comme tous les jours.

Je commence à prendre la mesure de mon erreur d’accoutrement dans la voiture: Gilles est en chaussures de rafting, pantalon qui craint rien et sac+capotes à sac… Il me dit qu’on aura de l’eau jusqu’au genou. J’ai du mal à le croire, et je me dis que je trouverai bien un moyen d’éviter ça.

On retrouve Guillaume (notre guide) et Olive, qui sont fringués un peu pareil, et on descend. Sur le trajet Guillaume m’entretient de 2 3 trucs sur les catacombes (flics, chatière, philosophie, …), mais c’est rien à côté de ce qui m’attend… Et je me suis fait à l’idée que j’allais avoir les pieds trempées.

Heure d’entrée: environ 22h.

Premiers mètres: j’évite la flotte. Plus loin, je me résigne et c’est Jeans sur les genoux que je patauge… Gilles me conseil de faire plus gaffe à ma tête que là où je pose les pieds, ce que je vérifie quelques secondes plus tard et me cognant au plafond.

Youpi… Baptisé…

Et c’est tripant: on y voit strictement rien, on marche bien souvent tête baissée (enfin… Olive bien plus souvent que nous 😉 ), on passe par des chatières (tout petits passage où il faut ramper), on patauge et c’est non seulement mes pompes, qui vont être crade, mais aussi mon pantalon et mon tee-shirt et mon chapeau…

Bizarrement, je ne flippe pas, même à 20m sous le sol parisien: des lumières devant et derrières, un guide, je ne pense pas au fait que la sortie s’éloigne de plus en plus et que s’ils décident de me larguer, je suis mort. Littéralement.

Toutes les « salles » ont des noms, souvent en fonction de tags sur les murs, laissés par des années de passage de cataphiles… Les couloirs ont parfois les noms de rue au dessus. C’est comme ça que je m’aperçoit qu’on passe tout prêt de chez moi…

On avait rendez-vous avec un pote à Gilles, Eric, dans une salle appelée « Le cellier ». Qui est plutôt putain immense… On y squat une bonne heure, à écouter de la musique. Je vais voir si Eric est arrivé et en visitant la salle je me dis que décidément sérieusement vraiment non, je ne descendrais pas tout seul là dedans…

On repart sans Eric, on va vers les ossuaires…

Des os partout, des os qui datent de plus de 100 ans, en vrac, en poussière, empilés… On retourne d’où on vient et on croise Eric. Chose impossible, hein, dans les catacombes…

Lampe à acétylène, bottes, pantalon et gants de chantier, le plan: un vrai cataphile… Gilles m’avait dit ‘retour vers 2h max’. Sauf qu’Eric est un furieux et on part visiter d’autres salles, un peu à la manière des jeux vidéos addictifs: aller, on passe par là voir ça et on rentre…

Gilles me fait remarquer que c’est pas la peine que je redescende, avec ce que je viens de faire: je me ferai chier 🙂 Pour une première fois, ils m’ont fait le grand Chelem, y compris… les fumigènes!

Gilles en avait apporté (Chlorate de soude + sucre + farine) mais le chlorate était de mauvais qualité ou pas assez concentré, et ne prenait pas. Eric en avait amené, qui ne prenait pas vraiment mieux. Sauf à y aller à la torche: Eric met une bonne quantité d’eau dans sa lampe et transforme cette dernière en lance-flamme!

Le chlorate fini par prendre et enfume la petite petite salle dans laquelle on est, y compris les couloirs adjacents… Ca donne une atmosphère assez surréaliste: impossible de voir plus d’un pas devant soit, et ceux qui ont une loupiotte, quand on les regarde de derrière, apparaissent comme des fantômes.

Une tite vidéo, pour la peine:

On attend que la fumée se dissipe et on continue notre chemin vers une sortie différente d’où on vient (ce qui me plaisait assez: l’entrée d’où on vient est vraiment loin: plus d’une heure de marche) (étrange d’ailleurs de se dire qu’à la ronde il n’y a que deux entrées, distantes des plusieurs bornes) non sans visiter quelques salles.

Je comprends que descendre soit une drogue, je comprends qu’Eric et Guillaume adorent et veuillent tout visiter… C’est dangereux comme une drogue, tripant comme une drogue, ça se partage comme une drogue, comme une drogue on peut y mourir, comme une drogue on est dans un autre monde, comme une drogue on peut y être seul… Moi-même je me dis que j’aimerais parfois venir m’isoler ici, à 20m sous Paris, introuvable, injoignable, seul…

On visite donc les choses qu’il y a dans le coin et on sort par … une plaque d’égouts! 150kg à pousser, le bestiaux… Il est environ 5h du mat’, ce qui est bien loin des 2h prévue par Gilles… Je ne dormirai qu’une paire d’heure, j’allais être mort, au taf, mais ça valait vraiment le coup 🙂 Et je le referais volontiers!

2 réflexions sur « Mais où est-ce que j'ai encore foutu les pieds? »

  1. J’aurais tendance à répondre à ta question par « DTC »…
    Enfin, moi je dis ça, je ne dis rien, hein ;-)))

  2. A putain, superbe sortie… cela fait trop longtemps que je ne suis pas aller. la prochaine fois passé moi un coup de fils ? ok ?
    A+

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