Tu fais quoi ?

Je fais quoi ?

Je sors de là où j’étais, je remets des idées en ordre. Je pose un pied devant l’autre sur du bitume. Je me déplace une petite planète appelée Terre. Je peste contre une décision qui me gonfle, contre le temps qui passe trop lentement, contre l’attente imposée. Contre moi qui donne trop de place à ce qui devrait prendre moins de place. Contre mon inflammabilité patente. Contre ma constitution de merde qui n’a pas encore, qui n’a toujours pas réussie à digérer ; qui a fait pousser des ronces et construit des ruines sur une catastrophe au lieu d’y faire un pont.

J’écoute de la musique celtique en tapant du texte. Plein de cellules en moi font autre chose : filtrer, trier, se battre, mourir, se multiplier, agencer, coller, réagir, collationner… Mon cœur bat trop vite, trop fort. Mon souffle est trop court, trop rapide. Je vieillis, comme à chaque milliseconde qui passe. Je mûris, peut-être même. J’évolue.

J’essaie de me rendre heureux tout en évitant mes putains de démons. J’essaie de passer un putain de diplôme pour je ne sais pas vraiment quelle obscure raison. J’essaie de me faire un chemin entre les Pierres. J’essaie de ne pas m’accrocher alors que j’ai terriblement besoin de m’accrocher. J’essaie de ne pas tout brûler alors que je brûle de tout faire cramer de rage.

Je me demande pourquoi je suis aussi pire, si ce n’est pire, qu’avant. Je me demande pourquoi je fais des ronds plutôt que des spirales.

J’essaie de vivre ma vie sans basculer. D’un côté ou de l’autre.

Voilà ce que j’essayais de faire, à cet exact instant.

Tracklist : « tu dis rien », de Louise Attaque. Parce que je fais quoi ? Je dis rien…

 

 

Tracklist des vacances

« Un homme extraordinaire », de Les Innocents.

Parce que ses enfants aiment leur père avec une impatience, mais ça ne l’a pas laissé vieillir.

 

« J’ai besoin de la lune », de Manu Chao.

Parce que j’ai besoin de toi tout à côté de moi. Parce que j’ai tant besoin d’oublier. Parce que j’ai besoin de mon père pour savoir d’où je viens, tant besoin de ma mère pour montrer le chemin.

 

« Sad story » de Plain White T’s

Parce que this is a really sad story, got nothing to say anymore, I walk alone, please let me be.

 

« Infinita tristeza », de Manu Chao.

Parce que ces histoires sont d’une infinie tristesse.

L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui !

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Connais tes ennemis

Si toutes les attentes sont légitimes, les attentes contradictoires le sont-elles ?

Si le comportement de quelqu’un pose problème à quelqu’un d’autre, faut-il le dire, sachant que le problème c’est soi ?

Si chacun est dans le vrai, d’où vient ce sentiment que l’autre a faux ?

Si moi j’ai mal, est-ce que l’autre fait mal ?

Si tout est illusion, est-ce que tout est acceptable ? Pardonnable ?

Si tout est pardonnable et que le corps ne ment jamais, que me dit alors mon corps quand il me fait mal ?