J’aime bien cette date : en tout début de mois, vers la fin du printemps, quand il commence à sérieusement faire bon.
Un jour avec un petit chiffre qui précède celui du mois, presque vers le milieu de l’année, en tous cas vers le haut du calendrier. Une date qui dit « azi, je trône en haut du dernier mois qui est en haut du calendrier ! En dessous de moi, la descente ! » Une date se prononce d’un trait, sans s’étendre.
Et tu te rends compte que t’es peut-être tout bêtement pas fait pour ça.
Parce que les hiérarchies, l’ordre, l’organisation, être un bon soldat n’est pas ton genre.
C’est pas ton genre mais t’en as bien besoin.
Besoin ? C’est juste réconfortant. Pas besoin de réfléchir, de décider.
Et puis il est terriblement grisant ce sentiment de vivre, de rentrer chez soi après une journée où tu as eu le sentiment que les choses ont avancées pour de vrai. Que les choses ont bougées pour de vrai.
Que les leviers d’action sont à portée de main.
Mais tu ne sais pas te conformer aux ordres, n’est-ce pas ?
Imposteur.
Imposteur.
Pourquoi t’as fait ça ? Tu sais, tu sens que ça te vrille le cerveau, à chaque fois.
Pourquoi t’as fait ça ? Pour faire ton intéressant ? Pour te prouver que tu peux sauver ?
Après plus d’une semaine… Je me sens moins colérique, moins envie de me disperser. Moins envie de partager avec 1000 inconnus, de disperser dans le néant ce que je pense, voit, entend, photographie. Tout ceci rester en moi, mature, grandi.
Je n’ai plus 1000 guerres, 1000 conversations intérieures.
Les réflexes restent, so. Comme si … j’étais tout le temps attiré par ces gestes, par cet icône, par ce flux de conscience. Comme si c’était mon chemin habituel, comme si cela faisait partie de moi.
Mais… comme si c’était un désagréable chemin habituel. Un chemin boueux par lequel j’étais obligé de passer. Désagréable mais je m’y suis fait, jusqu’à ce qu’il devienne presque plaisant malgré l’état dans lequel j’en sors. *Splorch* *splorch*, le bruit est marrant, lutter est marrant, mais au final j’en sors sale.
Mais j’y repassais, tout le temps.
Et là, je ne peux plus y passer. Mon habitude persiste mais… plus de chemin ! Toute mon attention n’est plus absorbée par l’idée de ce chemin merdique, l’expectative d’y passer, de m’y embourber, d’en sortir sale, et de recommencer.
Maintenant… je pense à tous les chemin de traverse que je vais pouvoir prendre. Je n’ai plus l’esprit … monopolisé par cette préparation à la colère.
Je trouvais que je tournais détestable : agressif, intolérant, condescendant, dédaigneux, prosélyte, vindicatif. Et à chaque fois que j’y faisais un tour je finissais en colère, ou triste.
Ça me donnait l’impression de lire des journaux intimes sans y être autorisé, et à l’inverse : que ceux qui n’étaient juste pas du même avis que moi jugeaient mon intimité. Les diaristes comprennent sans doutes mieux l’effet que ça produit…
C’était un perte de temps pure. Pour quelques, quelques, infos intéressantes tant de colère générée, tant de défiances, de bêtises, de discussions qui n’aboutissent à rien. Une incroyable perte de temps…
Ces discussions envenimées n’auraient pas eu lieu autour d’une bière, ou en soirée : quand il est possible de moduler ses propos en fonction de, ma foi, l’humain en face de soi, ou d’apporter des couleurs à ce que l’on comprend. Où jamais je ne me serais permis d’utiliser les mots et le ton que j’emploie en ligne. Jamais je ne me serais permis d’être aussi agressif, directe, violent, catégorique…
Hier était le jour 1.
Les réflexes restent : appuyer sur la petite icône dès que j’ai le nez en l’air. Au lieu de cela, je regarde les news. J’y reste moins longtemps.
Je mesure petit à petit tout ce que je perds, et … cela me manque de moins en moins. Je me dis que je l’aurai d’une autre manière.
Cela m’ennuie pour ceux qui aimaient mes photos ; ils ne les trouveront plus. Créer une page avec juste mes photos ? Ne plus les y publier ?
Et si la formule magique était 4/5 de casquette 1, 1/5 de casquette 2+3, pour commencer ?
Casquette 2 va me manquer. Je ne vais pas pratiquer casquette 2 autant que je le voudrais. Autant qu’il le faudrait.
Mais le faut-il ?
Certains disent qu’il le faut. Mais moi ?
Non… moi je sais que ça va me manquer… Les patients, le contact, la technique, le jeu de la connaissance, le stress, les coups de speed, les imprévus, les nouvelles têtes…
« Je ne sais pas », ça veut dire que je ne sais vraiment pas.
Ou alors que je ne sais pas trop, disons que j’ai pas encore décidé.
Ou alors que je ne sais pas du tout du tout.
Ou alors que je sais, mais que je n’ai pas envie de répondre car je n’ai pas envie de m’embarquer dans des justifications, des explications, des argumentations.
Pourquoi faudrait-il faire quelque chose de quelque chose ? Pourquoi faudrait-il répondre à cette question ? Pourquoi faut-il sans arrêt que l’on me pose cette question ? Pourquoi devrais-je faire quelque chose de tout ça ?
Ainsi donc, suite à journée où des diplômes ont faillit être perdus (dont celui de votre serviteur, il va sans dire), il en a été conclu par moi-même et les instances dirigeantes et encadrantes, qu’il serait de bon ton que j’aille me faire la b* ailleurs.