
Pourquoi certains se posent plus de questions que d’autres ? Pourquoi certains ont besoin de plus de temps que d’autres ? Pourquoi certains, plus que d’autres, passent plus de temps dans leur tête ? Pourquoi certains ressentent plus que d’autres ? Pourquoi dans la tête de certains c’est constamment la tornade et les doutes ? Pourquoi dans ces têtes-là est-ce plus souvent noir, gris, sombre, vague, brumeux, incertains que lumineux et clair ?
Pourquoi est-ce que certains ont vraiment besoin d’être seul, souvent, beaucoup, et beaucoup plus que d’autres ? Pourquoi certains restent à jamais dans ces z-eau-nes troubles ?
Quelle est l’utilité ?
Quelle est l’utilité de vivre là ? Dans cette merde ? Quelle est donc l’utilité de vivre si vivre c’est se poser tant de questions, perdre tant de temps à n’être pas là ?
Quelle est l’utilité de vivre si ce n’est pas pour les autres ? Si ce n’est pas avec les autres ? Si ce n’est pas pour être avec les autres ? Quelle est donc l’utilité de vivre si c’est pour vouloir être si fréquemment seul ? Quelle est donc l’utilité de vivre si c’est pour colorer le monde en gris ?
Quel est le rôle, l’intérêt, sur Terre, de ces gens ? Quel est leur rôle dans la société ? A qui sont-ils utiles ? A quoi sont-ils utiles ? Sont-ils utiles ? Faut-il être utile ? L’utilité a-t’elle un utilité ?
Ils ne sont jamais choisis, sont-ils utiles ?
Quel est le sens de leur existence cachée ? Quel est le sens de leurs errances ? Quel est le sens de leurs doutes, de leurs zones d’ombres ?
Quel est le sens de leur sombre existence ?
Saisir plus que d’autres que le monde est une merde ? Voir justement plus clairement que d’autres la noirceur de ce monde ? Être ceux que regardent les autres danser aveuglement sur des cadavres ? Et hurler et n’être pas entendu ? Être le borgne au pays des aveugles ? Et voir et ne pas être cru ?
Dans quel but ? Pour en faire quoi ? Pour sauver qu(o)i ? Pour être encore, indéfiniment, seul, et n’être pas choisi ?
