Et n’oubliez pas la violence

Il y a quelques semaines de ça, dans la file d’un bar/boîte pour récupérer mes affaires, bourré, j’ai commencé à frapper l’épaule de mon pote qui faisait la queue avec moi.

Le mec en question a l’habitude de ce genre de jeu avec un autre pote à lui. Il est aussi plus musclé que moi, était aussi bourré que moi. La soirée (d’anniversaire de sa copine) s’était bien passée, il était content que je vienne. Moi-même avais passé une bonne soirée et était content de le voir. Bref : bonne ambiance.

Donc, plein de confiance, je le frappe, plutôt fort, et gratuitement. Il ne dit rien dit au départ, puis me demande d’arrêter sinon il va devoir répliquer, puis il me dit qu’on régler ça dehors. Il n’est pas énervé, comme prévu ; souris plutôt, comme prévu.

Parfait. Du coup, comme prévu, une fois dehors, il me rend mes coups, au même endroit. Ça fait mal, et même ivre je sens vivement la douleur. Une fois que j’en ai marre, je lui demande d’arrêter, et on se prend dans les bras l’un de l’autre. Je sais ce que j’ai fait, je sais ce qu’il a fait ; d’un point de vue extérieur nous sommes des cons bourrés qui font un concours de quéquette mais pour nous, pour moi, c’est autre chose …

Le lendemain, évidemment, mon épaule se colore, bien sûr. Lui étant plus fort que moi et moi moins solide que lui, mes marques sont sans commune mesure avec les siennes, mais les effets les plus impressionnants ne sont pas sur mon épaule …

Ce qui est intéressant est d’une part la réaction des gens : tout le monde a été effaré par ces bleus (même s’ils n’ont pas fait mal bien longtemps) et tout le monde, sans exception, quand j’ai expliqué que c’était avec un pote et qu’on s’est pris dans les bras à la fin, m’a pris pour un con. Je n’ai pas réussi à expliquer dans quel esprit j’ai fait ça. Ça paraissait une baston mais c’était un échange, une discussion chaleureuse. A la Fight Club, exactement à la Fight Club. Une manière physique de se mettre d’accord sur des choses. « Une baston comme ça, ça remet une hiérarchie en place », m’a dit un pote. Et c’est exactement ça : nous avons testé (établi ? ) nos limites, et d’une manière bien étrange je le connais mieux maintenant : je « sais » à quoi m’en tenir, nos rapports ont été nettement clarifiés, défini, borné, sans violence. Mon corps l’a appris, et c’est resté marqué dans ma tête …

So what ? De mémoire, je ne me suis jamais battu, étant jeune. Je crois que ça me manque. Je crois que les mecs, au moins, ont besoin de se foutre sur la gueule, à la Fight Club, sans animosité, juste pour clarifier un rapport, établie une relation où chacun sait, sent, où est sa place.

Allez faire comprendre ça à quelqu’un qui regarde ces bleus …

Tracklist : « This is the new shit », de Marylin Manson. Pour la pertinence des paroles.

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