Esprit d'escalier

Ce matin, en moto, au feu rouge en haut de chez moi, j’étais tranquille en train de me remettre de ma cuite d’hier soir quand j’entend une femme dire très fort:

– « Reculez, mademoiselle! »

Je tourne la tête, et je vois une femme « d’un certain âge » (disons la 50aine) avec un grand manteau beige, même pas en fourure, invectiver une cycliste parce que sa roue était sur la passage piéton.

La cycliste regarde la femme, détachée comme on peut l’être quand on vous gueule dessus alors que vous êtes sur la route.

La femme crie:

– « Vous ne comprenez pas le français? »

La cycliste répond que si si, elle comprend le français, mais ne se recule pas pour autant: elle n’a qu’une demi longueur de roue sur le passage, et la femme peut très bien la contourner. Seulement la femme a l’air d’être une intégriste des règles… Pas très flexible…

Elle continue de crier:

– « Reculez, mademoiselle! »

La cycliste ne recule pas. La femme finie par continuer son chemin, sans doute en pestant.

Je me demande qui de la cycliste ou de la femme a raison dans son comportement… Sans parvenir à trancher, je continue ma route, et j’éclate de rire sous mon casque: si ça avait été moi, sur le vélo (ce qui aurait pu être le cas si je ne m’étais pas réveillé avec un mal de crâne), j’aurais bien répondu à la femme:

– « Sorry, I don’t speak french. », probablement avec un bon accent français.

Pariant que la femme non plus ne parlait pas français, elle aurait continué son chemin en pestant, et une fois qu’elle se serait éloigné, mais pas trop pour qu’elle reste à portée de voix, j’aurais bien dit un peu fort, avec un sourire qui s’entend:

– « désolé »

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