12 hours walk

Levé tôt et ca commence à être dur. J’ai l’impression de ne pas avoir dormi : je me suis endormi avec plein d’images dans la tête, qui se sont mêlées à mon sommeil.

J’ai donc fait mon ours, ça s’est vu. Côme m’a taquiné mais il sait jusqu’où aller et je sais jusqu’où il va aller. Je l’ai pratiqué, le canard…

Un mot sur nos repas : la constante c’est un « plateau » (une assiette en plastique) de fromage, saucisson à l’ ail et saucisson (bien gras), ainsi qu’un bol de bonbons enveloppés (la plupart sont du chocolat enrobant une sorte de gâteau à la cacahuète), du pain, du thé et du café. Au petit dej c’est porridge, confiture, beurre. Le midi et le soir c’est soupe (bouillon de légumes avec de la viande, poulet ou poisson), et purée ou poisson grillé.

Départ dès le petit dej fini. Par le chemin qui longe la lave. Comme une me dis que c’est idem aux autres jours, camion, marche, camion, marche, je ne prends pas d’eau.

Erreur…

Nous marchons marchons marchons marchons. Sur la lave séchée, puis dans les scories, puis dans la neige.

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Le sol de scories est brillant, composé de la poudre de tous ces magnifiques bout de lave irisés.

Quand je percute que nous allons marcher toute la journée et que « 15h » n’est pas forcément une blague, il est trop tard : je n’ai pas d’eau, va falloir que je taxe. Côme m’allume tranquillement. Plus de 10 ans de trek et erreur de débutant…

Comme à mon rythme, je me met à l’arrière du groupe. Je peux ainsi faire mes pauses à loisir, prendre des photos,…

A un moment le groupe se coupe : ceux qui vont monter au sommet du Tolbatchik plat et ceux qui ne vont pas le faire. Je suis dans le premier groupe.

La fin de l’ascension est sans doutes la plus dure que j’ai faite. Les pentes de volcans sont raides, les chemins ne zigzaguent pas vraiment, marcher dans les scories est presque comme marcher dans du sable, et nous le sommes est à 3000m, le manque d’air commence à se faire sentir.

J’en chie comme je ne me souviens pas en avoir chié depuis quelque temps. Moi qui faisais la remarque à Côme qu’un bon trek me manquait…

Je peine à retrouver le rythme lent de la marche de montagne. Normal : faut se grouiller.

J’aurais aimé qu’Alicia soit là. Mais aurait-elle apprécié ? Tenu le choc ? Comment aurais-je réagis ? Comment aurait-elle appréhendé tout ça ? Ça et tout le voyage : le pas de douche, le groupe, Charles et Côme, la route, le rythme, l’encadrement, la marche,…

C’est un peu mon monde, ma manière d’occuper mes 5 semaines de vacances, mon éducation et du coup comment les autres ont fini par me voir.

Pas forcément ma nature, mais au moins comment je l’ai colorée.

Pas forcément ma nature…

Et du coup ? Et du coup je marche en essayant de trouver un fil, une logique, une voie, des réponses. Je tourne toujours autour du même point : je suis un voyageur, pas un SDF ; un voyageur revient à son point de départ, le SDF n’a pas de maison. Je suis un ours, pas un oiseau migrateur ; j’ai un grand territoire mais une tanière. Pourquoi ne comprend-elle pas ça ? Pourquoi coupe-t-elle toujours les ponts aussi violemment dès que je mets les pieds dehors ? N’a-t-elle donc pas compris que je reviens toujours ?

Pas forcément ma nature… Mais c’est comme ça que je me sens vivant, nature ou culture. Mais c’est ainsi que j’emplume mes ailes.

Alors je marche, pour finalement arriver au sommet, où il y a ça :

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Le Tolbatchik plat est en fait un cratère de 250m de diamètre sur 250m de profondeur.

Petite collation et descente, bien plus rapide que la montée. Nous montons au passage sur un cône secondaire, parsemé de fumerolles.

Arrivée au camps, stop chrono : nous sommes parti il y a 12h. Bilan : coups de soleil, une ampoule, les pieds qui vibrent, mais une marche exceptionnelle.

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