Le surdo

Le surdo peut servir de table basse, mais ce n’est pas son utilisation habituelle.


C’est un cylindre de 40 ou 60 cm de haut en bois, alu ou fer, fermé à chaque extrémité par une peau animale, synthétique ou nappa, tendue par huit tirants. Il produit un son grave (sans rire ? ). La peau est frappée habituellement par une (samba enredo) ou deux (samba reggae) mailloches.

A une mailloche, la seconde main sert à produire les sons « fermé » et « ouvert » suivant que vous posez ou non la main sur la peau au moment de frapper.

La mailloche est une tige en bois (samba enredo) ou en alu (samba reggae) de 30 ou 35 cm de long, finie par une sorte de boule en mousse recouverte de tissu. Il en existe de plusieurs dureté. Malgré son diamètre respectable, il n’est pas inhabituel de casser une mailloche en bois, plus inhabituellement une en alu. Il arrive aussi de se coincer un doigt entre le manche et la peau ou le cerclage du surdo, de se taper sur la main qui ne tient pas la mailloche. Pas de soucis : si vous pratiquez le surdo, vous aurez des ampoules. Il est possible de faire quelques choré avec les mailloches: tourné de mailloche dans une main façon hélicoptère (les samba reggae font souvent ça), lancé façon jonglage (depuis le bord du surdo, dans le dos, à travers toute la bateria, …), tourné autour des doigts façon majorette, …

En batucada il y a trois types de surdo : le surdo 1 (diamètre de 24″ ou 22″) , le surdo 2 (diamètre de 22″ ou 20″) et le surdo 3 (diamètre de 18″, 16″ ou 14″). La sonorité dépend évidemment du diamètre du bazar. Canoniquement le surdo 1 est plus gros que le 2 (24″ et 22″, 22″ et 20″) mais il bien évidemment possible de jouer une la partition de l’un avec l’autre. Vu la taille du bazar, vous devinerez que caser ça chez soit ou se balader avec n’est pas la chose la plus aisée du monde. Au prix du mètre carré à Paris, il vaut mieux rentabiliser l’instrument en en faisant par exemple une table basse.

Question poids, ce ne sont pas des agogos, loin de là : ils font entre 4 et 8kg. Ils se portent la plupart du temps devant soit avec une sangle (à l’épaule) ou un harnais. Il est malaisé de marcher avec, c’est un coup à se mettre des bleus plein les tibias. Une bonne méthode est le décaler légèrement, de le poser sur le genou, et d’essayer de caler les pas sur le rythme de la batuc. Des protèges genoux sont conseillés.

Pour le prix, sortez le chéquier : chez Contemporânea un surdo en bois 14″x45cm c’est 180€, 315€ pour un 22″x60cm en alu (le surdo 2 typique). La mailloche est vers les 17€, la sangle une vingtaine ou une trentaine, la housse entre 50 et 100.

Les surdo 1 et 2 sont ce qu’on appelle les marcations ; ils marquent les temps : 2 et 4 pour le surdo 1, 1 et 3 pour le surdo 2 (je rappel aux têtes en l’air que la samba est une musique à 4 temps). Pourquoi pas les temps 1 et 3 pour le surdo 1 ? Une explication que j’ai lue est que culturellement les temps 1 et 3 sont les temps forts … pour les européens : faites écouter une musique à 4 temps à un européen, dites-lui de taper un temps sur deux, il tapera les temps 1 et 3 alors qu’un sambiste frappera les temps 2 et 4.

Les surdo sont habituellement situés au fond de la formation, le surdo 1 du côté de la main forte du mestre de bateria (à sa droite s’il est droitier), le surdo 2 de l’autre côté. Il faut au minimum un surdo 1 et un surdo 2. A quatre marquations les surdo 1 et 2 peuvent être du même côté, ou opposé (un surdo 1 et 2 d’un côté, et pareil de l’autre), à l’envie du mestre. Six marquations c’est si vous êtes dans une grande bateria. Chez nous (nous sommes une cinquantaine), c’est minimum deux, maximum quatre. S’il n’y qu’une personne pour deux surdos, il est possible de prendre une mailloche dans chaque mains, un surdo 1 d’un côté, un 2 de l’autre, et de jouer ; les surdo 1 et 2 jouant un temps sur deux.

Faire du surdo 1 ou 2 peut être ennuyeux : il n’y a pas beaucoup de liberté (sauf dans les breaks), c’est eux qui marquent le temps et ya basta. Mais s’ils ne frappent pas bien le rythme c’est toute la batuc qui a un malaise et se retourne vers le fautif d’un œil mauvais. Le surdo 2 est peut-être « pire » : à quasiment chaque break « conventionnel » il ne marque pas d’arrêt. Mais comme il marque un temps faible, il est « attendu » par les autres instrus au milieu de leur phrase. S’il manque ou n’est pas dans les temps, ils ont une sensation de vide.

Faire du 3 est plus kiffant. Les surdos 3 ne marquent pas les temps, ils font une mélodie, ils ont des variations et peuvent improviser. Un bon surdo 3 déchire grave, dans une bateria. Comme sa phrase n’est pas répétitive tout au long de la mesure (tout comme celle de l’agogo, du tamborim, et, oui, de la caixa) il peur servir à ceux dont la phrase est justement répétitive (tous les autres, dont les surdo 1 et 2) à savoir à quel temps de le mesure ils se trouvent. On dit qu’il donne le sens. D’ailleurs, en temps que surdiste vous vous entendrez parfois dire/montrer que vous êtes à l’envers : vous ne jouez pas votre temps. Dans ce cas, chopez un surdo 3/caixa/agogo/tamborim au vol (pour peu qu’ils soient dans leur phrase de base) et (re)calez-vous dessus.

Je joue habituellement du surdo 1. Tel qu’on m’a appris, je frappe le temps faible en posant la main sur la peau du surdo. De fait pour jouer la partition du 2 il « suffit » d’inverser le coup de main et le coup de mailloche.

Pour le futur, mon co-surdiste ayant acheté un surdo 1, je me suis acheté un surdo 2.

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